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Ces émotions qu’on essaie souvent de cacher

nadpieron0
il y a 4 jours
4 min de lecture

Certaines émotions sont faciles à montrer. La joie, l’enthousiasme ou la fierté trouvent généralement leur place dans nos échanges avec les autres.


D’autres, en revanche, restent bien souvent dissimulées.


On répond « ça va » alors que l’on se sent épuisé. On sourit pour éviter de montrer que quelque chose nous a blessé. On ravale sa colère pour ne pas déranger. On minimise sa tristesse parce que l’on pense que d’autres vivent des choses « plus graves ».


Petit à petit, certaines émotions deviennent celles que l’on préfère taire.


Pourquoi cache-t-on ce que l’on ressent ?


Nous apprenons très tôt, parfois sans même nous en rendre compte, quelles émotions semblent acceptables et lesquelles le sont moins.


Des phrases comme « Ne pleure pas », « Ce n’est rien », « Sois fort », « Calme-toi » ou « Tu exagères » peuvent progressivement nous amener à penser que certaines réactions devraient être retenues.


À l’âge adulte, cela peut continuer sous d’autres formes.


On ne veut pas inquiéter son entourage.

On a peur d’être jugé.

On ne veut pas paraître fragile.

On souhaite éviter un conflit.

On pense devoir gérer seul.

Ou parfois, on ne sait tout simplement plus très bien ce que l’on ressent.


Cacher une émotion peut alors devenir un automatisme.


La tristesse que l’on transforme en « fatigue »


Il arrive que la tristesse ne ressemble pas forcément à des larmes.


Elle peut se manifester par une perte d’envie, une sensation de lourdeur, davantage d’irritabilité ou le besoin de s’isoler.


Pourtant, il est parfois plus facile de dire :


« Je suis juste fatigué. »


Parce qu’admettre que l’on est triste oblige aussi à reconnaître que quelque chose nous touche, nous manque ou nous fait souffrir.


La colère que l’on n’ose pas exprimer


La colère est souvent perçue comme une émotion négative qu’il faudrait contrôler ou supprimer.


Pourtant, elle peut être porteuse d’une information importante.


Elle peut apparaître lorsque nos limites ne sont pas respectées, lorsqu’une situation nous semble injuste ou lorsqu’un besoin reste ignoré.


Le problème n’est donc pas de ressentir de la colère.


La question est plutôt : qu’est-ce que cette colère cherche à me dire et comment puis-je l’exprimer sans me faire du mal ni en faire aux autres ?


La peur que l’on préfère appeler « prudence »


La peur aussi sait très bien se déguiser.


Elle peut se cacher derrière l’évitement, le perfectionnisme, le besoin de tout prévoir ou les nombreuses raisons que l’on se donne pour repousser quelque chose.


« Ce n’est pas le bon moment. »« Je vais encore réfléchir. »« Je préfère être certain avant de me lancer. »


Parfois, ces réflexions sont totalement légitimes.


Mais parfois aussi, derrière elles se trouve une peur : celle d’échouer, d’être déçu, d’être jugé ou de perdre ses repères.


Identifier cette peur permet déjà de comprendre autrement ce qui nous freine.


Et puis il y a aussi la honte, la culpabilité, la jalousie…


Certaines émotions sont encore plus difficiles à reconnaître parce qu’elles correspondent mal à l’image que nous aimerions avoir de nous-mêmes.


Il peut être inconfortable d’admettre que l’on est jaloux.


Difficile de reconnaître que l’on ressent de la honte.


Ou de constater que la culpabilité prend beaucoup de place alors même que, rationnellement, on sait ne pas être responsable de tout.


Pourtant, ressentir une émotion ne définit pas qui nous sommes.


Une émotion est une expérience intérieure. Elle apparaît, évolue et peut nous transmettre une information.


La reconnaître ne signifie pas lui donner raison ni la laisser décider à notre place.


Une émotion ignorée ne disparaît pas forcément


Faire comme si une émotion n’existait pas peut fonctionner pendant un temps.


On continue.

On s’occupe.

On pense à autre chose.

On tient.


Mais lorsque ce fonctionnement se répète, ce que l’on ressent peut finir par ressortir autrement : irritabilité, tensions, difficultés à se concentrer, sentiment d’être à fleur de peau, besoin de s’isoler ou impression d’être constamment débordé intérieurement.


Il ne s’agit pas d’analyser chacune de ses émotions pendant des heures.


Il s’agit plutôt d’apprendre à leur accorder suffisamment de place pour pouvoir les comprendre.


Apprendre à écouter ce qui se passe en soi


Une première étape peut simplement consister à remplacer :


« Je ne devrais pas ressentir ça »


par :


« Qu’est-ce que je ressens en ce moment ? »


Puis, progressivement :


« Qu’est-ce que cette émotion vient toucher chez moi ? »


« De quoi aurais-je besoin aujourd’hui ? »


Mettre un mot précis sur ce que l’on ressent peut déjà changer beaucoup de choses.


Et lorsque les mots sont difficiles à trouver, il existe aussi d’autres façons d’explorer son vécu.


L’Art-Thérapie, par exemple, peut permettre de passer par les formes, les couleurs, les matières ou la création pour donner une représentation à ce qui se vit intérieurement. Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner ou d’avoir une pratique artistique : l’objectif n’est pas de réaliser quelque chose de « beau », mais d’utiliser la création comme support d’expression et de compréhension.


Associée à la Psychologie Positive, cette approche peut également aider à identifier ses ressources, ses besoins et les possibilités qui existent pour avancer avec davantage de conscience de soi.


Toutes nos émotions ont quelque chose à nous dire


Accueillir une émotion ne signifie pas tout accepter, tout excuser ou rester enfermé dans ce que l’on ressent.


Cela signifie simplement arrêter de lutter systématiquement contre une partie de soi.


Nous pouvons ressentir de la tristesse et continuer à avancer.


Être en colère et choisir notre manière de réagir.


Avoir peur et malgré tout essayer.


Se sentir vulnérable sans que cela enlève quoi que ce soit à notre valeur.


Parfois, ce que nous essayons le plus de cacher est justement ce qui aurait besoin d’être entendu.


Et si, au lieu de demander à vos émotions de se taire, vous commenciez par leur demander ce qu’elles essaient de vous dire ?

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